Dialogue citoyen sur la réconciliation : Les victimes de violences impunies, la société civile et le privé se concertent Des acteurs de la société civile, syndicalistes, avocats et journalistes ainsi que les ayants droits des victimes économico-politiques

Les participants au 3e dialogue citoyen, organisé sous l’égide de la CODEL, le vendredi 24 novembre 2017 à Ouagadougou, ont été invités à s’investir dans le processus de renforcement de l’Etat de droit et de l’apaisement du climat social devant déboucher sur une vraie réconciliation nationale.

Ils ont suivi une communication présentée par Me Ahmed Ouédraogo sur les modalités et les étapes d’une réconciliation nationale, avec des illustrations sur les cas vécus au Rwanda, en Afrique du Sud, au Libéria, en Sierra Léone ou encore en Côte d’Ivoire. De même, Mme Aïcha Ouédraogo, 2e vice-président du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), a présenté un exposé sur son institution.

Sur les réparations des violences, Me Ahmed Ouédraogo a noté qu’il faut les entourer des précautions nécessaires. Si les actes symboliques de réparations ne sont pas tournés vers la justice, la vérité et un changement social souhaité, ils peuvent être vus comme des manœuvres du pouvoir afin de tourner prématurément une page qui le dérange, a-t-il dit.

A son tour, le répondant du HCRUN a expliqué que son institution travaille à établir une cartographie des faits incriminés sur la base des 5065 dossiers en traitement et œuvre à amener le coupable à faire son plaidoyer de culpabilité  et la victime à octroyer le pardon, sans occulter la question de la justice. «Le HCRUN dans la dynamique de la mise en œuvre de ses missions, n’occulte pas les mécanisme traditionnels pour pouvoir amener les uns et les autres à se parler», a indiqué Mme Aïcha Ouédraogo.

Géneviève Zongo, la veuve du journaliste assassiné, Norbert Zongo s’est voulu clair : «Sur la réconciliation nationale, tant qu’il n’y pas de vérité, justice, il n’y aura pas de réconciliation. Il faut pour tous les coupables, qu’on puisse les juger, les condamner. Sinon, il ne faut pas qu’on nous parle de réconciliation nationale. Crime économique ou de sang, il faut que des personnes soient jugées», a-t-elle conseillé.

Le participants ont souhaité que la CODEL poursuive son leadership dans le processus de réconciliation et qu’elle aille dans les villages rencontrer le «Pays réel», non seulement pour toucher les réalités du doigt mais surtout pour l’impliquer et s’inspirer des mécanismes traditionnels de réconciliation. Ils ont également demandé à la CODEL d’avoir à l’esprit les crimes économiques qui sont souvent à la base des crimes de sang et enfin, de tenir compte de l’armée.

«Vos contributions seront prises en compte. Nous irons dans les régions», a rassuré le président de la CODEL, Me Halidou. Ce dialogue, de son avis est un cadre idéal qui permet de mener une réflexion sur la base des expériences qui ont eu cours dans notre pays ainsi que dans les autres pays qui peuvent servir d’exemple dans le processus de vérité, justice et de réconciliation nationale. «Je vous invite à se donner la main. Je suis convaincu que la réconciliation nationale est possible. Nous corrigerons les erreurs au fur et à mesure», a conclu le président de la CODEL.

Un autre cadre d’échange similaire, mais avec les représentants du gouvernement de Paul Kaba Thiéba, est prévu dans les jours qui viennent.