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Cet engagement est reflété dans le programme du Candidat Roch, le PNDES et dans la déclaration de politique général du Premier Ministre Monsieur Christophe Marie Joseph DABIRE du 18 février 2019. Toutefois, la cible de 79% d’accès à l’eau en 2020 inscrite dans le PNDES n’est pas conforme à l’engagement de « corvée zéro » qui correspondrait à 100% de taux d’accès promis par le Président pour l’horizon 2020.

Au cours de notre rencontre avec des responsables du ministère en charge de la question de l’eau et de l’assainissement en novembre 2018, les autorités ont tenu à préciser que les prévisions du PNDES ont été revues pour les aligner avec les Objectifs du Développement Durable (ODD) qui prévoient l’accès universel à l’eau potable à l’horizon 2030. Pour ce faire, la cible prévue dans les politiques publiques prioritaires au niveau national serait désormais de de parvenir à 79% de taux d’accès à l’eau potable en 2020 avec comme objectif de « réduire la pénibilité dans l’accès à l’eau potable ».

Selon des informations collectées auprès du Ministère de l’Eau et de l’Assainissement en fin décembre 2019, le taux d'accès national à l'eau potable est évalué à 75,4%. Il faut rappeler que les taux d’accès national à l’eau potable étaient respectivement de 74,0% en 2018 et 73,4% en 2017. Pour ce faire, 638 362 personnes supplémentaires ont été desservies en eau potable au cours de l’année portant à 15 356 034 la population totale des Burkinabè desservies. Selon les statistiques de Atlas des populations et pays du monde[1], le Burkina Faso comptait en fin décembre 2019, plus de 20 millions 800 mille habitants. Si l’on fait un rapprochement entre ces statistiques et l’effectif total de la population totale desservies en eau potable, on note que plus de 5 millions 400 mille Burkinabè n’ont aucun accès à l’eau potable, soit environ plus de 26% de la population.

Bien que les données désagrégées des taux d’accès en milieu rural et en milieu urbain ne soient pas encore disponibles, nous pouvons imaginer aisément que les taux sont tout aussi en deçà des prévisions et des attentes et ne seront pas atteints.

Malgré les efforts consentis et les chiffres communiqués, la grande majorité des Burkinabè continue de souffrir le calvaire pour accéder à l’eau potable tant en ville qu’en campagne. Cette situation est surtout exacerbée pendant les périodes caniculaires sur l’ensemble du territoire national.

On note que la cible prévue pour 2020 est 76%.  Cette prévision permet de voir que les autorités n’envisagent pas sur le plan programmatique atteindre la réalisation de l’engagement de permettre à 79% de Burkinabè d’avoir accès à l’eau potable après 5 ans de mise en œuvre tel que prévu au PNDES. Cela montre encore que l’objectif corvée zéro qui voudrait signifier que l’engagement de 100% de taux d’accès en 2020 est un leurre. 

Pour corroborer cette réalité, le Président du Faso dans l’émission Grand Oral accordée à la Télé dans le cadre du 11 décembre 2019 a indiqué qu’en fin novembre 2019, le gouvernement avait à son actif 7 200 forages réalisés sur les 7 500 forages attendus. Il a reconnu que le constat évident est que même si le gouvernement parvenait à réaliser l’ensemble des 7 500 forages promis, cela ne résoudrait pas les problèmes d’accès à l’eau des Burkinabè.

Les problèmes d'approvisionnement en eau courante se posent toujours avec acuité tant sur le plan de la quantité qu’en termes de qualité (l'eau n'est pas traitée de manière adéquate) et surtout de continuité, en considération de la disponibilité limitée de l'eau qui entraîne un rationnement de l'approvisionnement en eau. Nos sorties terrain nous ont permis de voir que dans certaines localités du pays, les coupures et absence totale d’eau allaient de 2 semaines à 3 mois voire plus, laissant les populations dans le désarroi. C’est le cas des villes de Djibo, Tenkodogo, Koupéla, Gaoua, Bobo-Dioulasso et même Ouagadougou. Il est urgent que les autorités repensent la question d’accès à l’eau potable et initient des politiques plus durables, plus efficaces à cet effet. Si non, il est à craindre, au regard de l’accroissement de la population et des effets du changement climatique (rareté des pluies, tarissement des sources d’eau, déplacement des populations dû à l’insécurité) que la situation s’aggrave davantage. En cette période de crise sanitaire marquée par la pandémie du coronavirus et la crise sécuritaire, il est indispensable que des solutions palliatives soient trouvées pour qu’aucune ville du pays ne manque d’eau potable comme ce fut le cas de Djibo.

Engagement en cours de réalisation
Date de l'évaluation : 04-2020
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