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Le gouvernement du Burkina Faso a révisé le concept de la police de proximité à travers le décret n°2016-1052/ PRES/PM/MATDSI/MJDHPC/MINEFID/MEEVCC du 22 décembre 2016 portant définition des modalités de participation des populations à la mise en oeuvre de la police de proximité. L’adoption de ce décret répond de la volonté de l’exécutif d’encadrer les initiatives locales de sécurité (mouvements d’auto-défense) et d’assurer le suivi de leurs activités par les conseils de collectivités, les autorités administratives et les forces de sécurité.

Une direction générale de la police de proximité a été créée et mène des activités en vue de permettre une bonne mise en œuvre des dispositions règlementaires.

Cet engagement apparait non seulement atteint d’un point de vue textuel avec l’adoption du décret ci-dessus cité mais aussi d’un point de vue organisationnel avec le récent lancement de la nouvelle police secours le 22 octobre 2020. Cette nouvelle entité regroupant des effectifs de la Police Nationale et de la Gendarmerie8 a d’abord une mission de police administrative; c’est-à-dire aller au contact des populations dans les quartiers, établir des contacts, renforcer la confiance et instaurer un sentiment de sécurité.
Du point de vue la cohérence, l’adoption du décret mettant en oeuvre la participation communautaire parachève le processus d’opérationnalisation de la police de proximité. Il paraissait d’ailleurs nécessaire puisqu’aucun texte n’organisait les modalités de participation des populations à la mise en oeuvre de la police de proximité.

Cependant, l’efficacité de cette action et son impact sont mitigés. En effet, l’adoption de ce texte règlementaire n’a pas mis fin aux agissements contraires aux droits de l’Homme de certaines initiatives locales de sécurité(ILS). Leurs actions sont souvent décriées par les organisations de droits de l’Homme. De même, la collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité(FDS) n’est pas systématique et est fonction des rapports de confiance qui unissent les responsables de la structure communautaire locale de sécurité et ceux des forces de sécurité.

Si de nos jours, l’apport des structures locales de sécurité n’est pas contesté, il reste que l’action de certains groupes gagnerait à être mieux encadrée. A l’image des VDP, les groupes d’auto-défense ont besoin, pour être plus efficaces, d’être encadrés dans leur processus de recrutement, de formation et d’être suffisamment instruits sur la nécessité d’une collaboration étroite et renforcée avec les forces de sécurité.

Engagement réalisé
Date de l'évaluation : 12-2020